La Mochila Wiwa de la Sierra Nevada de Santa Marta



“Avec la mochilla nous sommes des indigènes, sans mochilla nous ne le sommes pas”

 

Les mochilas colombiennes

Ce produit traditionnel est un signe distinctif des indigènes de la Sierra Nevada de Santa Marta; même si en apparence les designs, les techniques de fabrication et la variété des motifs de ces sacs colombiens artisanaux semblent infinis, la mochila Wiwa et les mochilas Wayuu réalisées dans les caraïbes colombiennes ont toutes un point commun : elles représentent une vision du monde. 
 

La Communauté Awingui de la Sierra Nevada 

40 minutes de voiture séparent Santa Marta de Minca. Depuis là un moto-taxi me mène en 25 minutes à Awingui. Le trajet est aussi faisable en 1 heure de marche. Awingui est un petit village de huttes traditionnelles au coeur de la montagne, au milieu des plantations de café et de bambous. C’est ici que la communauté Awingui appartenant à la Tribu des Wiwa me reçoit. Cette tribu descendante des Tayronas a pour mission de protéger “Le coeur du monde” : La Sierra Nevada de Santa Marta. Depuis toujours, cette communauté produit de la panela et des mochilas de façon traditionnelle.
 
En vue d’obtenir un prix juste pour leurs produits et de pouvoir les vendre sans intermédiaire, ils ont créé la coopérative Awingui. Son représentant, Luntana Gil est chargé de valoriser ces produits auprès du “Monde des petits frères.” 

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Comment vous appelez-vous ? 

Luntana

 

A quelle communauté indigène appartenez-vous ?

Aux Wiwas, communauté Awingui
 

A quel âge les femmes Wiwas commencent-elles à tisser les mochilas ?

Cela dépend, dès 7 ou 8 ans, en voyant leurs mères tisser, elles tombent en amour pour le métier, cela leur plait et elles commencent leur apprentissage. Donc oui elles commencent généralement vers 7-8 ans. 

 

Quel est le rituel de la première mochila?

D’abord, les jeunes filles commencent à tisser la mochila. Quand elles ont terminé, elles l’offrent à un ancien afin qu’il la bénisse et qu’elles puissent continuer à tisser des mochilas toute leur vie. Une personne l’accompagne jusqu’à ce qu’elle perfectionne sa technique, qu’elle ait tout appris,le sisal, la teinture, les couleurs, les dessins. Dès l’âge de 7 ans, elle apprennent tout et elles sont capables de faire de très jolies mochilas. 

 

Quelle est l’importance de partager ce savoir traditionnel des mochila au fil des générations ? 

La mochila est une tradition indigène. “Avec les mochillas nous sommes des indigènes, sans mochillas nous ne le sommes pas”.
La mochila est pour nous une protection, elle contient notre monde. Avoir une mochila ce n’est pas seulement la posséder, c’est elle qui garde ce que nous avons et qui le protège si nous la laissons par terre, elle protège nos affaires jusqu'à ce que nous la récupérions. C’est une assurance que nous possédons avec une mochila.  

 

Combien de sortes de mochilas possèdent les Wiwas et dans quel matériau les fabriquez-vous ?

Nous avons deux types de mochilas, une en coton de deux couleurs, blanche et marron et une en sisal avec des dessins d’animaux de diverses couleurs, 4 couleurs; chacunes sont tissées différemment. La mochila possède une signification selon ses motifs, car elle arbore le dessin du lieu d’où elle provient. Chaque mochila enseigne quelque chose; les femmes peuvent créer de nouveaux motifs et chaque motif révèle une histoire. Chaque dessin possède son histoire mais elles peuvent décider de créer de nouveaux motifs à partir d’anciens. 

La fibre provient de l’Agave ou du Ficus, que notre communauté appelle By. C’est une plante très utilisée par les indigènes de la Sierra et par les caféiculteurs de la région. Chaque mochila nécessite entre 24 et 26 feuilles d’agave. 

 

Qu’aimerais tu que les gens sachent sur la mochila ? 

Le temps que cela prend, il y a des femmes qui prennent plus de temps, cela dépend si elles ont un bébé ou non. La fabrication d’une mochila prend entre un mois et un mois et demi, cela dépend de la charge familiale de la femme.
 
En plus de la femme qui tisse la mochila, la création d’une seule pièce nécessite 3 personnes pour les étapes qui précèdent. Notamment pour obtenir les fils en “grattant”, en enlevant la membrane externe de chacune des feuilles du ficus. Ensuite, une autre personne réunit les fils ensemble, puis après le séchage, ils sont tressés par une troisième personnes afin d’obtenir les fils qui seront plus tard utilisés par les femmes pour le tissage.  
 
La valeur d’une mochila Wiwa de la Sierra Nevada de Santa Marta, en plus d’être un bel objet artisanal, c’est la représentation d’une tradition ancestrale et de la manière qu’ont les indigènes colombiens d’interpréter le monde.
 
Aventure Colombia t’emmène découvrir le point d’entrée de la fabuleuse Sierra Nevada de Santa Marta

 

 

Fecha de publicacion: 
28 Août 2017

Par: Aventure Colombia
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